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Fantasia Napoletana 

Nando Citarella (voix), Fabio Gallucci (mandoline), Cécile Soirat (mandoline), Vincent Beer-Demander (mandole), Grégory Morello (guitare), Gianluca Malpeso (guitare battente), Philippe Gallois (contrebasse), Luc Detraz (percussions)

D’un côté, la Naples du peuple, celle vouée au crucifix et en même temps liée aux superstitions et coutumes séculaires ; d’autre part la Naples de l’âge d’or, celle de Piedigrotta et des poètes et compositeurs illustres célébrés dans le monde entier ; au milieu, un hommage personnel à la Naples qui fut !

 

L’expression musicale d’un peuple fasciné depuis toujours par le «contraste» est le terreau de la «Fantasia Napoletana» : c’est elle qui détermine le contenu de ces concerts organisés à l’occasion de Noël 2020 par le CG13, pour une production « Prodig’Art ».

 

«Fantasia» se présente comme un concept musical mais aussi en tant que pouvoir imaginatif et représentatif de l’âme qui, en ce qui concerne le peuple parthénopéen, a deux nuances merveilleuses : sacrée/profane, savante/populaire. La capacité de conserver conjointement ces «contrastes», de pouvoir les faire coexister harmonieusement, est ce qui rend le napolitisme unique ; c’est un sentiment, un état d’esprit que seul l’art est probablement capable de célébrer.

 

Les efforts des musicologues et des chercheurs qui ont mené des études sur le terrain ont mis en lumière l’héritage musical de la tradition populaire de Campanie, à la fois orale et écrite. De célèbres Napolitains – et comment ne pas mentionner M. Roberto De Simone - en plus d’avoir recueilli des témoignages dans le cadre de fêtes populaires de petites villes de l’arrière-pays de la Campanie, ont également tourné leur attention vers la tradition savante, trouvant du matériel très intéressant dans les bibliothèques et récupérant des formes du passé telles que la villanelle, le laudi et le strambotti.

 

L’envie de partager ce sentiment bien napolitain avec le public français passe par le choix du répertoire proposé dans la program- mation. Elle commence par une Ouverture («fantasia» qui contient l’essence du concert avec des thèmes originaux, traditionnels et d’auteur) ; dans cette première partie, «le sacré et le profane» sont représentés par des chants de Noël, tels que «Quanno nascette Ninno» - premier chant religieux composé en langue napolitaine pour aider les fidèles à comprendre - et «La légende du Lupin» qui raconte la fuite de la Sainte Famille en Egypte ; «le savant et le populaire» avec des compositions comme «La canzone del Pescatore» et «La Santa Allegrezza», une chanson qui raconte la Naissance du Verbe au rythme de la tarentelle du Gargano. Certes favorisée par la position géographique et l’importance de son port, Naples a toujours été ouverte aux influences étrangères et aux échanges culturels. Sa musique en est le témoignage. Pour retracer ce chemin, nous avons opté pour un ensemble instrumental bien précis. D’abord, le côté populaire : il puise ses racines dans les rythmes de la tammurriata et de la tarentelle, mis en valeur par l’utilisation des percussions ; ensuite, l’aspect savant est représenté par un ensemble classique unique. La voix de l’italien Nando Citarella agit comme un trait d’union.

 

La présence du Quintette à Plectres de France de la Compagnie VBD justifie la seconde partie du concert, l’instrumentale. Des chan- sons originales d’inspiration traditionnelle telles que la «Tarantella della costa d’Amalfi» et l’introduction de «Nenia & Tarantella», sont menées par des arrangements et des élaborations instrumentales de chansons populaires – comme «La Tarantella Montema- ranese» - et de chansons classiques - comme «O Paese d’o Sole» et «Era de Maggio». Pour mieux transmettre l’atmosphère magique et solennelle du Noël napolitain en musique, on ne pouvait s’affranchir d’une série de chansons de ce répertoire qui s’est développé à Naples au début du XIXe siècle et qui est entré dans l’histoire comme étant l’âge d’or de la chanson classique napolitaine.

 

Toujours dans le respect de la tradition mais avec des moyens plus modernes et un désir d’utiliser des instruments à médiator pour leur potentiel tonal et polyphonique, il y a, dans la troisième partie, des arrangements de chansons telles que «Funiculì Funiculà». Celle-ci est devenue si célèbre qu’elle s’est retrouvée plus tard dans les œuvres orchestrales de Nikolaj Rimskij-Korsakov, Richard Strauss ou encore Alfredo Casella ; «O surdato’ nnammurato», une lettre d’amour écrite par un soldat combattant dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale ; «Torna a Surriento» et enfin le célèbre «O sole mio», qui a toujours été considéré comme la chanson napolitaine la plus connue au monde.

 

Salvatore Della Vecchia (Traduction De Myriam Barakat)